Suis-je faite pour être entrepreneure?

Suis-je faite pour être entrepreneure?


Entreprendre ou pas? C’est une question que je me pose régulièrement depuis que je suis en recherche d’emploi. Je n’ai pas encore trouvé la réponse (qui ne peut probablement pas être un simple « oui » ou « non ») mais formaliser mes réflexions par le biais de cet écrit devrait pouvoir m’aider un peu!

Mes forces

Je peux être ma propre chef

Certaines personnes souhaitent profiter de leur vie sans se soucier de rien. Elles veulent un travail aux responsabilités limitées et pouvoir couper complètement lorsqu’elles rentrent chez elles. Or ces aspects ne me gênent pas particulièrement. Je sais que s’il me fallait être ma propre patronne, prendre des décisions stratégiques qui auraient un vrai impact sur mon chiffre d’affaires serait une vraie aventure! En ce qui concerne la coupure vie professionnelle et personnelle, cela fait plus d’un an que je m’octroie du travail à domicile et que j’ai appris à gérer cela, soit en séparant certains projets via des horaires ou grâce à mon bureau à la maison, soit en acceptant l’arrivée de certaines tâches sur mon temps privé.

J’aime apprendre

Je dispose d’une curiosité permanente sur des sujets très variés. Rester à la maison à ne rien faire? Ce ne sera jamais mon cas, j’ai toujours eu trop d’idées et d’occupations, qu’il s’agisse de projets professionnels ou de loisirs.

Je sais m’auto-discipliner

Je ne dis pas que je le fais bien, mais je sais me motiver et me gérer seule. Mon programme de recherche d’emploi a confirmé cette capacité que j’ai pour l’organisation. Je suis tout à fait capable de me prendre en main tous les matins et d’attaquer mon travail chez moi à 8h. Je me prépare chaque jour un planning et des tâches à accomplir tout en ayant la capacité de prévoir et de suivre mes projets sur le long terme comme pour mon plan de formations web.

J’ai appris à gérer la solitude

Si les premiers mois de télétravail étaient très compliqués, je sais désormais bien mieux gérer le fait d’être seule. Cela ne signifie pas que j’adore ça, mais j’arrive à faire avec. Et puis si je me lançais dans l’entrepreneuriat, j’ai déjà choisi que je prévoirai un budget pour m’inscrire dans un espace de coworking. Je n’aurai pas besoin d’y être chaque jour, un abonnement à mi-temps me suffirait et représenterait une dépense de 150€ par mois maximum.

Je pense aux sous

Je suis présente dans plusieurs groupes Facebook sur l’entrepreneuriat et j’ai souvent la mauvaise impression que les entrepreneurs ne songent pas assez à la rentabilité. J’entends par là qu’ils fixent des prix trop bas, oublient de compter des charges ou se versent un salaire peu ambitieux. Je suis parfois agacée devant cette attitude et je m’abstiens de tout commentaire. L’argent est primordiale à mes yeux – sans ça une activité est un loisir, pas un business! Je serai donc en mesure de garder les pieds sur terre côté finances.

Argent

Mes craintes

Forcément si je m’arrêtais là cette liste ne présenterait que des qualités et je n’aurai plus qu’à foncer à la Chambre de Commerce! Hélas j’ai de vrais doutes sur le statut d’entrepreneur…

Je suis découragée par la gestion administrative

Le statut de micro entrepreneur est réputé pour être facile en France – je ne suis pas du tout d’accord avec cela! Pourquoi? Car tous les entrepreneurs avec qui j’ai échangé m’ont vite expliqué qu’on est au début perdu, surtout si l’on veut lancer une activité avec l’envie de vraiment réussir et d’être pérenne. Il faut lire et gérer pas mal de paperasse. Ajoutez à cela que si vous voulez maîtriser les risques sur le long-terme comme moi il faut alors se plonger dans les méandres des droits au chômage, au congé maternité ou à la retraite. Et là, ça devient franchement l’horreur niveau papiers administratifs.

J’ai peur du chômage, de la maternité et de la retraite en tant qu’entrepreneur

Je sais que ces sujets sont franchement épineux. A vrai dire je ne suis pas allée trop loin dans mes lectures car ma peur s’est vite concrétisée devant la précarité et le manque d’aide dans ces 3 situations – confirmée par les entrepreneuses du groupe Facebok de Céline Podolczak. L’un de mes atouts est ma capacité d’anticiper et de prévoir sur la durée, or c’est un vrai frein lorsque l’on songe à son propre avenir. Peut-être que ne pas trop se projeter dans le futur est un atout nécessaire pour se lancer?

Je n’ai pas envie d’être commerciale

Etre à la tête de son entreprise requiert de porter plusieurs casquettes, dont celle de commercial, un poste qui ne m’attire pas du tout! Entre la négociation et l’hypocrisie qui seront parfois nécessaires, je sens que cet aspect là n’est absolument pas fait pour moi. Le problème c’est que même si vous proposez un excellent produit ou service, que les gens sont au courant, mais que personne n’achète ou ne signe de contrat, tout cela ne sert à rien! Et puis le service après-vente a mauvaise réputation…

Je pense (trop?) aux sous

Le revenu sera plus faible que celui d’un salaire, c’est évident, au moins pendant 2 années. Or je n’ai pas envie de baisser de niveau de vie. J’ai un certain confort que je souhaite conserver. Sans compter que les proches, involontairement, n’aident pas du tout! Si tous vos amis peuvent se payer un restaurant par semaine (quand même 60€ à deux!) et vous pas, il devient très vite délicat de continuer de les voir sans dépenser d’argent – c’est une situation qui mettra tout le monde mal à l’aise. Une solution serait de changer d’amis, mais bon, je crois que je vais passer. 🙂

Route ciel

J’en conclus que j’ai certes un profil plutôt adapté à l’entrepreneuriat, mais que mes craintes et surtout mon choix de vie m’empêcheront toujours de passer le pas, sauf si j’y suis forcée (et ce n’est pas comme ça qu’on a envie de démarrer une nouvelle carrière). Si je pousse l’analyse un peu plus loin certaines de mes forces sont après tout très adéquats au monde du travail « classique ». Je pense que je songerai toujours à entreprendre, car il est dans ma nature de me lancer dans de nouveaux projets, mais il est plus pertinent de cantonner cette créativité à mes loisirs.

Il existe tout de même 3 pistes que je peux envisager:

  • D’abord le télétravail, parce qu’au rythme où la planète s’épuise les entreprises seront obligées de proposer à leurs employés de travailler à domicile pour réduire les trajets en voiture. Sur ce point au moins je pourrais rassurer mes managers quant à mes compétences!
  • Sinon je pourrais peut-être développer une petite activité de freelance en plus d’un travail (c’est à dire quelques heures par semaine). Cela débloquerait un complément de revenu et cela me permettrait surtout d’assouvir ma passion pour la nouveauté et le changement tout en ayant la satisfaction de choisir mes clients et projets sans aucune pression financière. Je dois bien entendu garder en tête que je travaillerai davantage mais en même temps j’ai toujours eu des projets en plus de mes différents CDI, alors pourquoi pas? J’aurais bien sûr des complications administratives mais ce n’est pas une barrière insurmontable.
  • Enfin il reste une dernière piste: prendre le parti qu’entreprendre ne se fait pas toujours par le biais de l’argent. Après tout j’ai bien géré un podcast pendant un an qui ne m’a certes rien rapporté financièrement mais qui a demandé une démarche professionnelle et qui a eu un beau succès (50.000 téléchargements à ce jour)! Un loisir ne pourrait-il pas permettre d’entreprendre?

Note: rédiger ce billet de blog n’était pas facile. Voilà longtemps que je repoussais la décision… Mais c’est finalement assez libérateur d’avoir enfin pris du temps pour cette réflexion.

Et vous, que pensez-vous de l’entrepreneuriat? Avez-vous déjà une expérience sur le sujet?
Crédit bannière: Freepik.

2 commentaires

  • Florie

    samedi 9 septembre 2017

    C’est une réflexion très intéressante Estelle, et tu soulèves bien des questions que je me suis posée quand j’ai monté ma boîte 🙂

    Déjà,le fait que tu aies réussi à poser les pour et les contre, avec des solutions possibles à la clé, c’est quelque chose de très positif, tu es sur la bonne voie quoi qu’il arrive là! Et je vois que tu as déjà envisagé les différentes solutions – notamment, comme beaucoup de freelance en devenir, l’idée de coupler avec un emploi (pourquoi pas un temps partiel, pour éviter que le manque de temps ne soit un frein?) de manière à tester ton activité de freelance et la laisser se développer tranquillement sans avoir trop de sacrifices financiers à faire.

    Ensuite, je pense que ce qui peut vraiment t’aider pour trouver la solution qui te conviendra à toi, c’est de te demander quel est ton « pourquoi ». Au-delà de la notion d’argent, qui est un « quoi » et pas un « pourquoi », quel genre de vie as-tu envie de mener? Quel genre de projets as-tu envie de développer au fil des années? Qu’est-ce qui compte pour toi au fond?

    En gros, l’idée de cette réflexion, c’est de partir de ce vers quoi tu as envie d’aller, toi, puis ensuite réfléchir à des solutions qui te permettent d’y arriver à long terme tout en gagnant de l’argent, plutôt que de réfléchir aux solutions pour gagner de l’argent en premier. En fait, ça te permet d’envisager des solutions qui te seront utiles à long terme puisqu’elles serviront tes objectifs à toi, ton pourquoi.

    Pour te donner un exemple, mon pourquoi est d’avoir le temps de me développer en tant que conteuse d’histoires – quelque chose qui n’était pas possible avec un emploi à temps plein sur un poste sans création narrative du tout. Donc, il me fallait trouver le temps d’apprendre l’aspect storytelling de la communication, et surtout de m’en servir dans mon travail, mais aussi le temps d’écrire de la fiction, avec pour objectif d’être publiée dans les 5 ans qui viennent.

    Et mes choix de vie concrets sont partis de ce pourquoi-là. Comme mon emploi à temps plein était un frein, je l’ai quitté pour avoir le temps de monter un vrai plan. Ensuite, j’ai envisagé de passer un CAPES pour avoir un revenu stable d’un côté et du temps de l’autre. Finalement ce qui m’a poussée à monter une boîte, c’est le fait que j’avais des droits au chômage pendant 2 ans et que du coup, j’avais un filet de sécurité financier qui me permettait de tenter le coup. Et si mon business ne marchait pas, je pouvais toujours revenir au plan CAPES à la fin de mes droits au chômage…

    Voilà j’espère que mes retours et mon exemple te seront utiles dans ta réflexion, et tout le meilleur pour la voie que tu es en train de tracer ^^

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    • Cocktail Memento

      vendredi 15 septembre 2017

      Merci pour ton témoignage Florie. Je n’avais pas songé au temps partiel mais c’est une piste pertinente en effet, je vais la garder en tête lors de ma recherche d’emploi! Tu mentionnes de fouiller le « pourquoi » et tu as bien raison… Seulement je crois (hélas ou heureusement) que je ne peux pas encore bien y répondre à ce jour. J’ai besoin de re-tester une activité salariale différente, locale, sur ma région (puisque avant j’étais dans des capitales), afin de voir le travail en « province ». Le mot est peut-être maladroit, mais d’après ce que j’ai entendu il y a une différence de rythme entre les capitales et le reste, j’ai besoin de l’expérimenter car je crois qu’il y a possibilité d’être heureux au travail – davantage qu’en grandes villes.

      Tu as très bien fait, selon moi, de profiter des allocations chômages pour te lancer. Personnellement en tant qu’employée si je paye des cotisations qui aident des gens à oser monter leur boite, je suis très fière de contribuer très indirectement à cela. Je t’avoue que si j’avais eu le droit au chômage je pense que j’aurais tenté l’entrepreneuriat. Les accords européens étant ceux qu’ils sont je n’ai hélas eu le droit à rien malgré un licenciement économique en pays voisin – quel dommage!

      En attendant Cocktail Memento me permet de réfléchir, c’est déjà une piste! Et puis ce projet (ainsi que mon podcast Le Café des Créatrices) m’a aidé à répondre à une question essentielle: est-ce que j’aime vraiment les projets digitaux? La réponse est un immense oui, cela me passionne. C’est peut-être vague, mais cela confirme mon secteur pro et c’est déjà énorme suite à une phase de remise en question et bilan de compétences! 😉

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